Communiqué de presse – Inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes

Conseil pour la Justice, l'Egalité et la Paix

Communiqué de presse – Inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes

COJEP intenrational

Lors du récent vote organisé à l’Assemblée nationale française, une proposition visant à inscrire au niveau européen le mouvement des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes a été votée.

Ce processus a également suscité un débat profond en France concernant les droits fondamentaux, l’État de droit et l’égalité sociale.

Au cours de ce vote, une part significative des députés appartenant notamment aux partis de gauche, d’extrême gauche et écologistes a voté contre la proposition, défendant ainsi la primauté du droit, les libertés fondamentales et le principe de lutte contre toute forme de discrimination.

En tant que COJEP, nous considérons cette position comme une expression de responsabilité démocratique, d’attachement aux valeurs constitutionnelles et de volonté de préserver la paix sociale. Dans ce cadre, nous saluons la position démocratique exprimée par La France Insoumise (LFI), Europe Écologie – Les Verts (EELV) ainsi que d’autres groupes parlementaires de gauche et écologistes partageant la même orientation, et nous adressons publiquement nos remerciements à leurs dirigeants ainsi qu’à leurs députés.

 

Nous tenons à souligner que :

 

Les campagnes de stigmatisation menées contre les personnes et les institutions qui défendent le droit et les droits humains nuisent gravement à la démocratie. Ces dernières années, l’usage croissant dans le débat politique d’étiquettes telles que « islamiste », « radical » ou, en particulier, « islamo-gauchisme », « frérisme », « salafisme », utilisées pour discréditer les partis de gauche ou les acteurs engagés dans la défense des droits, produit un discours dangereux visant à faire taire des positions démocratiques légitimes.

De telles notions servent à :

 

  • Criminaliser l’opposition politique,
  • Suspecter ceux qui défendent les droits humains,
  • Faire d’une partie de la société une cible en raison de son identité religieuse.

 

Cette approche constitue non seulement une dérive sur le plan de l’éthique politique, mais aussi un recul préoccupant au regard des droits humains, de la liberté d’expression, du principe de laïcité et de la conception républicaine de l’égalité entre citoyens.

Sous couvert de lutte contre le séparatisme et la supposée monté du « frérisme » les lois adoptées ont conduit à une augmentation des pressions administratives disproportionnées et des mesures bureaucratiques pesant notamment sur les citoyens de confession musulmane et sur des structures de la société civile. Placer collectivement un groupe religieux dans une position de suspicion est incompatible avec les principes d’un État de droit démocratique.

En tant que COJEP, nous affirmons clairement que :

 

La démocratie ne se renforce que lorsque toutes les confessions et convictions sont traitées de manière égale et juste.

La laïcité ne signifie pas exclure une religion de l’espace public, mais garantir une neutralité équitable envers toutes les croyances.

La paix sociale ne peut être assurée par la stigmatisation et la politique de la peur, mais par l’égalité, la justice et le dialogue.

Inscrire les Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes ouvre une brèche dangereuse. Le périmètre est flou, les critères restent largement interprétables et la définition glisse rapidement du politique vers le religieux. Dans un tel cadre, tout peut devenir suspect : une association, un discours, une pratique. Le risque est évident : défendre une expression religieuse, un engagement caritatif ou une identité musulmane pourrait être assimilé, par extension, à du « frérisme ». Cette logique de soupçon permanent ne combat pas le terrorisme, elle banalise l’amalgame et fragilise l’État de droit.

Pour toutes ces raisons, nous renouvelons nos remerciements aux députés et aux responsables politiques qui ont défendu le droit, les libertés fondamentales et l’égalité, et qui se sont opposés aux politiques de stigmatisation.

Le COJEP réaffirme sa détermination à défendre la dignité humaine, l’égalité citoyenne, les valeurs démocratiques et républicaines.

 

COJEP – Conseil d’Administration
Ali Gedikoğlu

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